PROJETS EN COURS

Les oiseaux de passage

Rencontres nomades, portraits sensibles.
Mots & encres pour les âmes croisées en voyage.
Une série signée Les Quatre ailes au vent.

Ils surgissent au détour d’un chemin, d’un café, d’une lumière dorée. Parfois, on échange quelques mots. Parfois, un regard suffit. Ces hommes et ces femmes croisés en voyage, fugaces et inoubliables, laissent dans leur sillage une trace que les mots et les encres tentent de retenir.

Les oiseaux de passage est une collection de portraits sensibles : textes écrits sur le vif par Les 2 ailes d’Uriell, inspirés par l’instant, et encres dessinées par Flore Angèle. À deux plumes, à deux pinceaux, nous rendons hommage à ces âmes libres rencontrées au gré du vent.

Une écriture nomade, un trait inspiré, une émotion partagée.

Une série signée Quatre ailes au vent

Valse au milieu du vent – Tableau vivant d’un instant suspendu

Aux instants suspendus hors du temps, le 20 juillet 2025

Tu flottais devant moi au lointain. A ta silhouette élancée, à tes mouvements balancés, je devinais que tu faisais du patin. Comme j’avançais plus vite que toi sur mon cheval de fer, rapidement l’espace entre nous deux se réduisait, malgré le vent qui me freinait. Tu semblais voler dans les airs, telle une blanche oiselle, et tes cheveux, coupés à la garçonne, avaient la couleur de la pureté. Je te supposais jeune demoiselle et j’attendais impatiemment de pouvoir le vérifier. Alors, j’ai accéléré. Tu as soudain disparu derrière le virage, puis je t’ai revue, plus nette que jamais.
 
Cent pas nous séparaient désormais. Je croyais rêver derrière ton allure gracile, tes jambes de ballerine, ta robe de danseuse d’opéra, ta silhouette assurée qui tanguait de gauche à droite avec une telle aisance contre le souffle puissant d’Eole. Personne d’autre que toi et moi. Juste un temps suspendu, le tableau irréel d’un ange sur le chemin gris, un tableau mouvant tout en lenteur au milieu de nulle part, au milieu du vent.
 

Quelques pas maintenant. Il me tardait de découvrir le côté face de ta silhouette. Mais déjà tes cheveux s’étaient transformés en un chignon blanc bien ajusté et tes jambes, bien que galbées, avaient traversé l’épreuve du temps. Enfin, je t’ai dépassée et c’est alors que je t’ai saluée. Tu m’as répondu en souriant. J’ai pensé que tu avais dû vivre 70 étés mais que tu paraissais avoir traversé 50 hivers seulement.

Et puis je me suis à nouveau retrouvée seule dans le vent, toi derrière et moi devant. Qu’as-tu pensé de moi en cet instant ?
 
©Flore Angèle. Encre de Chine
©Flore Angèle. Encre de Chine

Deux Eve à l’ombre de la nuit

A Sarah, le 17 juillet 2025

Tu étais seule devant ton verre,
Vêtue de blanc et de vert
une robe légère flairant la grâce et l’enchantement.
Lumière rasante, graviers dorés,
caresse de la brise sur les tablées.
Tu te levais, quelques pas vers le café,
Le doux parfum du jasmin
Sur ton chemin
Tes boucles brunes déployées
Sur le tissu fleuri, épanouies
Tu échangeais quelques rires
Avec le couple au champagne
Des coupes teintantes au vent d’été
Des bulles de joie
Ici et là
Les boules qui roulent
Duel joyeux
Au loin sur le parvis blanc
Du Château élégant
Nous avons pris la même photo au même instant
Je me demandais d’où tu venais
Quel vent t’avais portée
Dans ce village séculaire
Toits incurvés, tuiles brunes terre
Laquelle de nous deux a la première
Tourné la tête vers sa voisine solitaire ?
Laquelle de nous deux a la première
Esquissé les doux fragments
d’une conversation entre deux inconnues,
Prémices d’un rendez-vous inattendu ?
Enfin assises autour de la même table
Des heures de palabres, Bacchus aux lèvres,
Entre deux robes fleuries
Deux Eve à l’ombre de la nuit.

Uriell HIREL